"Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fit lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours."

Quelques mots d'Aragon (d'ailleurs repris par Jean Ferrat dans sa chanson "Les Poètes") pour rendre hommage au grand poète espagnol Antonio Machado.

Triste fin de parcours pour ce républicain dans l'âme qui mit sa plume au service des opposants à Franco en participant en particulier au journal "La Vanguardia" de Barcelone. Réfugié à Madrid, puis à Valence et enfin à Barcelone, il doit se résigner à quitter l'Espagne. C'est l'exode vers la France, avec tant d'autres compatriotes, en compagnie de sa mère. Sans doute épuisé, il n'ira pas plus loin que Collioure où il arrive le 2 février 1939 pour y mourir le 22 du même mois.

Sur sa tombe, particulièrement émouvante par les nombreux témoignages de visiteurs (le plus souvent des professeurs et leurs élèves) et parce qu'on y découvre que sa mère, Anna Ruiz, ne lui a survécu que trois jours, on peut lire :

machado_c

Et à côté de la pierre tombale, se trouve, discrète, dépouillée, une boîte aux lettres dans laquelle ses admirateurs peuvent glisser un message. Message au poète disparu ...

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"Todo pasa y todo queda
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos
caminos sobre el mar."

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