20 février 2008
Fleurs couleurs bonheur
L'intérieur aux aubergines - Henri Matisse (1911)

"Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir."
Henri Matisse
28 mai 2007
Le Pélican

Le soleil ayant été particulièrement généreux vendredi dernier (et ce n'est rien de le dire : 30° dans l'après-midi !) je me suis enfin décidée à dépoussiérer, gonfler et graisser ma bicyclette. Résultat des courses (si l'on peut dire) ...
Non, vous n'avez pas la berlue, il a bien neigé sur nos montagnes !
De plus, coincée à la maison faute de bus en ce lundi de Pentecôte alors que je devrais être en train de travailler pour le bien-être de nos anciens (à croire que la Loi n'est pas la même pour tous ...), j'en profite pour déguster par petites touches gourmandes mon dernier emprunt à la bibliothèque municipale : "Cent récitations de notre enfance".
Comme l'écrivent ses auteurs, Albine Novarino et Béatrice Mandopoulos, "ces bribes de poèmes célèbres qui furent souvent les récitations de nos enfances - la nôtre, celle de nos parents, celle de nos enfants - ont un pouvoir immédiat : celui de nous transporter dans un autre monde ; ce sont un peu nos madeleines proustiennes : un vers nous revient, un univers nous est rendu".
Aujourd'hui j'ai choisi pour vous et plus particulièrement pour le plus célèbre des marins de la blogosphère, j'ai cité Patrick de Cuisine de la Mer dont c'est l'anniversaire aujourd'hui, le Pélican de Robert Desnos.
Le Pélican
Le capitaine Jonathan,
Etant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-Orient.
Le pélican de Jonathan,
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement,
Un autre qui en fait autant.
Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.
Robert Desnos

09 août 2006
Picasso colombe

"On met longtemps à devenir jeune ..."
Pablo Picasso
Il était un homme oiseau
Qui cueillit le monde rond
L'ouvrit de ses doigts pipeaux
L'enfouit dans son oeil citron
Puis déshabilla les dieux
Les fit danser dans les bois
Les croqua de ses dents bleues
Les enivra de hautbois
Picasso colombe au laurier
Fit Guernica la mort aux cornes
Pour que dans un monde sans bornes
La nuit ne vienne plus jamais
La nuit ne vienne plus jamais
(Chanson de Jean Ferrat
Paroles d'Henri Gougoud)
Découvrez Jean Ferrat!
06 juillet 2006
Machado dort à Collioure
"Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fit lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours."
Quelques mots d'Aragon (d'ailleurs repris par Jean Ferrat dans sa chanson "Les Poètes") pour rendre hommage au grand poète espagnol Antonio Machado.
Triste fin de parcours pour ce républicain dans l'âme qui mit sa plume au service des opposants à Franco en participant en particulier au journal "La Vanguardia" de Barcelone. Réfugié à Madrid, puis à Valence et enfin à Barcelone, il doit se résigner à quitter l'Espagne. C'est l'exode vers la France, avec tant d'autres compatriotes, en compagnie de sa mère. Sans doute épuisé, il n'ira pas plus loin que Collioure où il arrive le 2 février 1939 pour y mourir le 22 du même mois.
Sur sa tombe, particulièrement émouvante par les nombreux témoignages de visiteurs (le plus souvent des professeurs et leurs élèves) et parce qu'on y découvre que sa mère, Anna Ruiz, ne lui a survécu que trois jours, on peut lire :

Et à côté de la pierre tombale, se trouve, discrète, dépouillée, une boîte aux lettres dans laquelle ses admirateurs peuvent glisser un message. Message au poète disparu ...

"Todo pasa y todo queda
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos
caminos sobre el mar."
Pour découvrir ... ou redécouvrir des poèmes d'Antonio Machado : ici
















