25 juillet 2009
Voyage en Uruguay
J'ai aujourd'hui une occasion particulière de revenir – avec plaisir - sur mon blog pour vous faire part d’une offre de voyage qui m’a paru intéressante.
Ceux de mes lecteurs qui me connaissent déjà savent que l’Uruguay est « mon pays de cœur ». Quant à ceux qui arrivent sur ce blog après avoir tapé sur leur moteur de recherche favori : « Uruguay » ou « Montevideo », je suppose qu’ils sont intéressés par el paísito !
C’est pour cela que j’aimerais vous faire connaître Roberto, uruguayen vivant en France depuis une trentaine d’années et organisant, en partenariat avec Arvel Voyages, des voyages dans son pays d’origine et en Argentine, au départ pour amateurs de tango puis, plus généralement, pour découvrir l’Uruguay, petit pays d'Amérique du Sud encore protégé des grands circuits touristiques.
Je le laisse vous présenter ses voyages :
« Buenos Aires … Montevideo… le tango là où il est né… le carnaval de Montevideo, les murgas … le candombe dans la rue … Colonia, patrimoine de l’Humanité … la côte atlantique uruguayenne et son arrière pays … séjourner à la campagne dans une estancia … et aussi visiter les chutes d’Iguazu. Connaître les gens au travers des amis de votre accompagnateur qui pourront devenir les vôtres. 20 jours en petit groupe d’une quinzaine de personnes, une plongée authentique en Argentine et Uruguay. »
Et je vous invite à visiter son site internet ICI
Casa pueblo du sculpteur Carlos Páez Vilaró (photo du site de Roberto)
Une petite précision : le prochain voyage aura lieu en février 2010, en plein carnaval, et il ne reste plus que quelques places.
Vous pouvez soit m’écrire pour que je lui transmette vos messages, soit le contacter directement sur son site.
Je vous l’avais bien dit : « Hasta luego » !
24 octobre 2008
Quiero ir
Quiero la Rambla, quiero el mar, quiero el viento del Sur, quiero la escollera Sarandí y la vieja facultad de humanidades, quiero las noches de tamboriles y fuegos, quiero el almacén de la esquina y los boliches, los quiero para olvidar mi pena, los quiero porque allá fuí muy feliz y que los necesito ...
08 juin 2008
Santa Teresa Uruguay
Dans mon post précédent Tomates Santa Teresa j'écrivais "ça commence par une recette" et je vous promettais de vous parler de Santa Teresa. Voici donc l'histoire de ma recette.
Un jour que j'étais en panne d'inspiration ou plus exactement que je n'avais pas envie de préparer le repas, mon mari m'a proposé sa solution de secours n° 1, garantie tous lieux, tous temps : du riz nature, des tomates coupées en morceaux, une boîte de thon. Proposition aussitôt acceptée et préparée. Et alors que nous mangions, il s'est écrié, les yeux brillants, "ça me rappelle les vacances à Santa Teresa, quels bons souvenirs !".
Quand il vivait encore en Uruguay, il avait l'habitude de partir camper un mois dans le parc de Santa Teresa, au bord de l'Atlantique. Pas exactement le camping des flots bleus, non, mais une immense pinède, des plages sauvages à perte de vue, une tente, una parilla (un barbecue si vous préférez), et un hamac entre deux pins.
C'est le premier cadeau qu'il m'a fait quand nous nous sommes rencontrés "de verdad" (et non plus par internet) en Uruguay : Punta del Diablo et Santa Teresa. Ce ne sont pas des souvenirs de camping pour moi puisque nous avions loué une "cabaña" mais ils comptent parmi les meilleurs moments que j'aie vécus jusqu'à ce jour ...
La plage, le petit village de pêcheurs de Punta del Diablo
et un compagnon inattendu qui nous avait adoptés
Las rocas entre Santa Teresa et Punta del Diablo
J'ai eu l'impression d'une Bretagne 10 000 km plus au Sud ...
La fortaleza de Santa Teresa
(commencée par les portugais en 1762 et terminée par les espagnols)
Et pour vous mettre dans l'ambiance, voici ce que j'ai trouvé sur Youtube (on faisait comment avant Youtube ???)
Message personnel : merci à toutes et à tous pour vos messages de sympathie qui me touchent et me font du bien. Pardonnez-moi si je ne laisse pas de commentaires sur vos blogs mais, dans la mesure du possible, je continue de vous rendre régulièrement visite et c'est pour moi une grande bouffée d'oxygène.
12 mai 2008
Feria Tristán Narvaja de Montevideo
Feria Tristán Narvaja
Soledad Felloza, actrice et conteuse d'origine uruguayenne que vous connaissez sans doute si vous avez l'habitude de me rendre visite, nous informe que ce lundi 12 mai 2008, Eduardo Galeano, le grand écrivain uruguayen, sera à Santiago de Compostela.
Il n'en faut pas moins pour ouvrir la porte à la nostalgie, celle de mon petit pays de coeur, l'Uruguay. Aujourd'hui je ne sais pourquoi me reviennent des images d'un lieu magique : la feria Tristán Narvaja.
Voici ce qu'en dit le Petit Futé Uruguay, le meilleur guide de voyage que je connaisse pour cette destination :
"La feria se tient tous les dimanches sur la Tristán Narvaja entre la 18 de Julio et la calle Paz. C'est sans doute une des ferias qui confère le plus à Montevideo son caractère surréaliste, à la fois grande métropole et village-rafistolage. En Uruguay, rien ne se perd et tout se transforme. C'est pour cela que l'on voit des voiture des années 20 qui vous toisent fièrement tout en brinquebalant et en clignant de leurs phares estropiés comme pour vous faire la nique. C'est aussi ce qu'illustre parfaitement la grande ingéniosité des Uruguayens qui avec très peu de moyens, accomplissent des miracles. Mais à Tristán Narvaja, l'ingéniosité va beaucoup plus loin ; c'est ici celle de l'absurde, de l'inutile qui à tout moment pourra servir. On pourra donc être fier d'y acheter un costume de garagiste si taché de cambouis qu'il vous glisse dans les mains ou encore se damner pour un panier percé qui pourra contenir toutes les babioles troquées sur son passage. Ici, une vieille dame vend des plumeaux dégarnis, là une vieille Chevrolet sert de promontoir à un fier coq : ne vous y trompez pas, ses sièges sont rabattables et abritent des aquarelles. Rien dans cette feria ne tourne rond, rien ne sert si ce n'est à plonger le promeneur dans une douce folie. Déambulez, laissez-vous glisser tel un funambule sur le fil de l'irrationnel, laissez-vous bonimenter par des vendeurs qui sont tous des Oliveira en puissance sortis tout droit d'un album de Tintin ; le rêve n'a pas de prix."
Pour vous faire découvrir cet endroit surréaliste, j'ai trouvé un excellent montage photo que ses auteurs ont eu la bonne idée d'associer à une musique de Kusturica. Soyons fous !
Et voici maintenant, plus particulièrement pour mes amis uruguayens, argentins ou espagnols, ce que Eduardo Galeano a écrit sur la feria Tristán Narvaja (je ne m'avance pas à traduire en français un texte de ce grand auteur).
Esplendor del mediodía
" Había peces jamás vistos, plantas de ningún jardín, libros de imposibles librerías.
En la feria de la calle Tristán Narvaja, en Montevideo, había cerros de frutas y calles de flores y habían olores de todos los colores. Había pájaros musiqueros y gente bailandera y había predicadores del cielo y de la tierra, que subidos a un banquito gritaban su mensaje final. Los predicadores del cielo proclamaban que era llegada la hora de la resurrección; los de la tierra anunciaban la hora de la insurrección.
Había quien deambulaba entre los puestos de venta, ofreciendo una gallina, y la llevaba caminando, atada del pescuezo, como perro; y había quien vendía un pingüino que por error había llegado a nuestras playas desde las nieves del sur.
Había largas hileras de zapatos usados, muy gastaditos, con la ñata alzada y la boca abierta. Los zapatos se vendían por pares y también de a uno, zapatos solos para gente de un solo pie. Había lentes usados, llaves usadas, dentaduras usadas. Las dentaduras yacían dentro de un gran tacho de agua. El cliente hundía el brazo, elegía y batía sus mandíbulas: si la dentadura no le venía bien, la devolvía al tacho.
Había ropa para vestir y ropa para desvestir y había condecoraciones de atletas y de generales y había relojes que marcaban la hora que uno quería. Y había amigos y amantes, que uno encontraba sin saber que los había estado buscando.
Fiesta de la memoria, y del próximo domingo al mediodía."
Voici enfin une interview de Galeano, dans un de ces vieux cafés qui font le charme de Montevideo, interview représentative de sa vision personnelle du monde et de sa pensée. Loin, bien loin des clichés touristiques ...
(la suite de ce reportage sur YouTube ICI)
02 février 2008
Chandeleur et Iemanja
En France, nous fêtons la Chandeleur en faisant sauter des crêpes. Avant que l'église catholique ne s'approprie cette fête, elle existait déjà chez les romains et chez les celtes où la lumière des flambeaux marquait la fin de la longue nuit de l'hiver. Elle s'accompagnait de rites de purification et de fertilité.
Au Brésil ce sont les esclaves noirs, interdits de religion, qui se sont appropriés les rites catholiques donnant ainsi naissance au candomblé, culte afro-brésilien où se mêlent en un étonnant syncrétisme divinités non chrétiennes et saints catholiques.
Le 2 février est la fête de Iemanja, reine de la mer, aussi associée à la Vierge Marie. A Montevideo où ce culte s'est répandu depuis plusieurs années, cette fête donne lieu à de nombreuses cérémonies sur la plage Ramirez : offrandes de fleurs que l'on jette à la mer, petites barques emplies de cadeaux pour Iemanja (peignes, miroirs, bijoux, parfums) accompagnés de billets contenant les voeux que l'on veut voir se réaliser.
La première fois que je suis allée en Uruguay je ne connaissais rien à ce culte et, très curieuse, j'étais entrée dans une boutique spécialisée de la Ciudad Vieja, calle Cerrito. J'en était ressortie avec une bougie bleue (la couleur de Iemanja) dans une petite coupe de terre décorée de coquillages blancs et d'agates (bleues bien sûr). Je vais l'allumer ce soir, pour Iemanja (on n'a jamais trop de protection ...)
Vitrine "Iemanja" Calle Cerrito - Montevideo (Uruguay)
Pour voir de belles photos sur la fête de Iemanja à Montevideo, je vous recommande, sur flickr.com, l'album de Lucas Caravia.
Iemanja Playa Ramirez - Montevideo par Lucas Caravia
![]()
PS - l'article sur la Galice est en préparation, mais je n'ai pas résisté à l'appel de Iemanja ...
22 janvier 2008
F comme flores del Uruguay : el ceibo
Comme vous l'aurez peut-être remarqué, je n'ai pas la fibre blogueuse en ce moment. Sans doute comme pour beaucoup d'entre nous en ce mois de janvier, manque de soleil, virus, fatigue et autres contrariétés, professionnelles ou domestiques.
Alors plus que jamais j'ai envie de m'aérer la tête en vous faisant partager mon amour pour l'Uruguay. Je continuerai donc ma série avec un sujet gai et coloré, les fleurs.
Commençons par la fleur nationale (c'est également celle de l'Argentine), le CEIBO.
C'est un arbre indigène aux fleurs rouges, le plus souvent de petite taille (3 à 5 mètres) en ville et sur les bords du Rio de la Plata, pouvant atteindre 20 mètres à l'intérieur des terres. Il fleurit de novembre à février (nous sommes dans l'hémisphère Sud).
En voici un à Malvín, notre quartier, dans la rue Amsterdam qui nous conduit directement à la plage.
C'est à Montevideo, là ...
On se retrouve à la prochaine fleur.
30 décembre 2007
M comme Mercado del Puerto
Poursuivant la série U comme Uruguay commencée début décembre, je vous présente aujourd'hui le Mercado del Puerto.
A Montevideo il ne saurait y avoir de 31 décembre sans aller prendre un pot au fameux Mercado del Puerto.
Les administrations et la plupart des bureaux ferment à midi et tout le monde se donne rendez-vous dans cet endroit festif où l'ambiance est plutôt ... animée ! En Uruguay les fêtes de fin d'année marquent le début de l'été, les vacances, le soleil, la plage. Autant dire que c'est doublement la fête.
Photo The black Azar (Flickr) avec son aimable autorisation
Ce "marché du port", monument incontournable de la capitale uruguayenne, possède une structure métallique datant de la seconde moitié du 19e siècle qui n'est pas sans rappeler les halles de Paris (les anciennes bien sûr) ou la gare de Lyon (certains disent d'ailleurs que ce bâtiment avait été conçu à l'origine pour être une gare de chemins de fer).
Ce marché dont la destination première était de ravitailler les nombreux bateaux qui transitaient par le port de Montevideo, est aujourd'hui une immense halle qui regroupe de nombreux bars et restaurants où l'on sert surtout de la viande, certainement l'une des meilleures d'Amérique du Sud.
Photo Jody Smith (Flickr) avec son aimable autorisation
Et l'on y boit l'une des plus célèbres boissons de Montevideo (avec la fameuse uvita du bar Fun Fun) : le medio y medio Roldós. C'est un mélange de vin blanc et de vin mousseux servi très frais dont les bulles font très vite voir la vie en rose.
Photo Xosé Castro (Flickr)
avec son aimable autorisation
Chers amis, je lève mon verre de medio y medio
à votre santé et terminons 2007 en beauté !
J'ajoute une video du Mercado del Puerto pour que vous vous fassiez une meilleure idée de l'endroit. Imaginez simplement une ambiance puissance 10 pour le 31 décembre !
04 décembre 2007
U comme Uruguay
Montevideo - Ciudad vieja
Il y a un an j'étais en Uruguay avec mon mari pour une trop courte visite à ma belle-famille (voir ici).
Mon premier voyage en Amérique du Sud remonte à février 2000. Un saut dans l'inconnu, une grande aventure pour moi qui avais si peu quitté la France. Ce fut mon premier vol transatlantique, je partais seule, pour d'improbables retrouvailles, avec pour tout bagage un dictionnaire d'espagnol, le Petit Futé Uruguay et de grandes espérances.
Au fur et à mesure que s'envolaient mes espérances je tombais sous le charme de Montevideo. Je rentrais en France la rage au coeur mais en clamant haut et fort : JE REVIENDRAI ! Je suis revenue en effet, et plusieurs fois. C'est ainsi que j'ai rencontré celui qui allait devenir mon mari et qui allait m'apprendre à connaître et aimer son pays.
L'Uruguay est désormais mon pays de coeur et j'ai envie de le partager avec vous au travers de billets qui traiteront à chaque fois d'un sujet différent. Ce sera U comme Uruguay.
J'ai passé des heures sur Youtube à la recherde d'une vidéo qui résumerait au mieux "el paisito". J'ai fini par dénicher ce petit bijou (présentation d'une série de DVD des productions Hachaytiza) qui reprend les thèmes chers au coeur des uruguayens : le candombé, le maté, le football, etc.)
A bientôt ...
12 novembre 2007
Fainá
Le mot fainá vous dit-il quelque chose ? Non ?
Et si je vous dis socca ? Vous y êtes ? Mais si, vous savez, la galette à base de farine de pois chiche qu'on déguste en se brûlant les doigts, célèbre à Nice et sur une bonne partie de la côte. Une recette d'origine italienne, de Gênes plus exactement, où on l'appelle farinata.
La recette en est toute simple : 250 g de farine de pois chiche, 50 cl d'eau et 2 cuillères à soupe d'huile d'olive. Pour qu'elle soit tout à la fois croustillante et moelleuse à l'intérieur il faut la faire cuire dans un moule huilé et préchauffé à four très chaud. Une préparation fort bien mise en images chez Supertouillette.

Et la fainá dans tout ça me direz-vous ? et bien c'est tout simplement la farinata importée en Uruguay (et en Argentine) par les émigrants italiens. Là-bas on la trouve dans toutes les pizzerias et on la mange soit seule soit ... avec de la pizza ! une tranche de fainá, une tranche de pizza. On l'appelle alors fainá a caballo.
L'arrivée du froid et de la neige sur les montagnes ayant rendu mon mari d'humeur morose (dans son pays c'est le printemps, les bouquets de jasmin à chaque coin de rue et dans un mois les vacances ... d'été !), je lui ai remonté le moral en lui préparant une fainá.
D'accord, j'ai un peu triché en utilisant une préparation du commerce que nous achetons sur internet en même temps que des quintaux de yerba mate et de dulce de leche (si vous êtes intéressés, je vous communiquerai volontiers l'adresse).
D'accord notre bière n'était pas une Pilsen (bière d'Uruguay), mais le coeur y était et nous nous sommes retrouvés 12 000 km plus au Sud, à Montevideo, près du teatro Solis, au fameux bar Tasende où j'ai dégusté ma première fainá et ma première pizza muzzarella al tacho dont la recette est aussi jalousement gardée que celle du Coca-Cola (plus de détails sur le site de Fonzi).
Nostalgie quant tu nous tiens ...
Para tí Diane antes que te vayas otra vez al Sur : SIRVETE ! y dile a Cesaria que canta como nadie ...
Soledad : veni con nosotros a tomar cerveza y comer fainá al Tasende !
Edito du 16 novembre pour répondre à la question de Catherine sur la yerba mate
Le maté est la boisson nationale en Argentine et en Uruguay. C'est une infusion amère (très amère !) des feuilles d'un arbuste, l'ilex paraguariensis.
Vous pourrez en apprendre plus sur le site de la Franco-Argentine qui vend du maté (du dulce de leche et plein d'autres bonnes choses) et bien sûr sur le blog de mon amie argentine Diane ... (edito d'août 2008 : ce blog n'existe malheureusement plus ...
Et si vous vous promenez à travers mes pages sur l'Uruguay vous verrez que le maté est de toutes les occasions.
08 mai 2007
Estela
Estela est née en 1932 à Santa Rosa, un petit village du département de Canelones en Uruguay.
Après son mariage à San Ramon, un village voisin, elle se consacre à l'éducation de ses trois enfants et à l'entretien de sa maison. Un chat, un chien, un jardin pour les légumes. Une vie simple. Elle n'a pas son pareil pour bouturer les fleurs, jasmin ou hibiscus, juste pour le plaisir.
Plus tard elle quittera San Ramon pour Montevideo avec ses deux filles et se débrouillera tant bien que mal avec la maigre pension que lui verse son ex mari et les enfants qu'elle garde.
Ses filles se marient et vient le jour où elle se retrouve seule dans son petit appartement. La vie n'est guère facile dans ce pays en crise et on ne lui confie plus d'enfant à garder. Son fils quitte le premier le pays pour la France, puis ce sera au tour de sa fille cadette pour l'Espagne.
Elle part alors vivre chez sa fille aînée, dans un vivero forestal (plantation d'arbres) près de Paysandú, où elle s'occupe de ses petits-enfants.
Vivero forestal Dr Horacio Ros de Oger (INC)
Son fils et sa belle-fille, venus lui rendre une trop courte visite de deux semaines, lui font une proposition incroyable : lui offrir un aller-retour Montevideo-Madrid pour aller voir sa fille en Espagne et faire la connaissance de sa dernière petite fille, Catalina. C'est un choc pour elle qui n'a jamais quitté son pays et n'est jamais montée dans un avion ... Mais comment vais-je voyager, seule ? mais comment, comment, comment ?
Estela
A près de 75 ans, elle est arrivée samedi dernier à Madrid, après plus de 24 heures de voyage, à 10.000 kilomètres de chez elle, "fresca como una lechuga" (fraîche comme une laitue) selon sa fille qui l'attendait à l'aéroport.
Aéroport de Madrid Barajas
(le plus beau qu'il m'ait été donné de voir)
Estela est ma belle-mère. Quand nous l'avons eue au téléphone peu de temps après son arrivée à Madrid, elle nous a simplement dit : "soy feliz, tan feliz" (je suis heureuse, si heureuse). Je l'admire beaucoup et j'ai eu envie de lui consacrer un billet.
Pour lui rendre honneur je vous propose LA recette uruguayenne incontournable, qu'elle prépare remarquablement bien : las milanesas. Je la remercie de s'être ainsi laissé photographier, elle qui n'a pas la moindre idée de ce qu'est un blog.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, las milanesas ne sont pas des escalopes à la milanaise mais des BIFTECKS à la milanaise. En Uruguay vous demandez au boucher de la "pulpa para milanesas", en France, où la coupe est différente, vous pouvez demander un morceau de gîte noix. Vous le coupez en tranches très fines. Belle maman les aplatit d'une poigne énergique ...
Elle enduit ses milanesas d'un fin hachis d'ail et de poivron rouge.
Elle les passe ensuite rapidement dans 2 oeufs battus auxquels elle a ajouté du persil haché, du sel et du poivre
puis dans de la chapelure, en les pressant bien.
Il ne reste plus qu'à les faire frire.
On les sert habituellement avec un filet de citron
et c'est réellement TRES TRES BON
(même pour une preque végétarienne comme moi)
Merci belle-maman !




































