07 avril 2008
Votre album : Léman en colère
Il y a quelques temps je vous présentais un ciel d'orage dans les Antilles photographié par Tillou. C'est aujourd'hui le Léman de Megan qui est en colère. Elle a su capter la noirceur du ciel, le vert foncé de l'eau et cette lumière si particulière sur les fleurs du rivage. Vous trouverez sur le blog de Megan bien d'autres photos de la rive suisse de ce grand lac où elle vit et dont elle sait si bien nous faire partager la beauté.

17 février 2008
Petite virée à Genève
Il y a eu ces week-ends de janvier aux dimanches d'hiver gris et froids un rien tristounets. Et puis il y a eu ce dimanche après-midi où sont arrivés nos amis, apportant avec eux, d'un coup d'un seul, plein de soleil et de chaleur dans notre maison.
Autour d'un plat uruguayen préparé par mon mari (un "ensopado", surprenant mélange de pâtes, tomates, pommes de terre, carottes et chorizo) et en buvant du vin argentin, nous n'avons pas refait le monde (trop tard pour nous ...) mais avons partagé dans la joie et la bonne humeur (ce n'est rien de l'écrire) nos souvenirs d'enfance, nos passions et surtout nos pays : Argentine, Suisse, Uruguay et France. Que du bonheur !
Le lendemain matin nous avons remis ça au petit déjeuner qui s'est terminé ... à 11 heures. Une fois nos amis repartis sur Paris, mon mari et moi nous sommes retrouvés le moral au beau fixe et avons décidé, pour profiter de cet exceptionnel lundi de congé, de faire une petite virée à Genève. J'avais l'habitude d'y aller le jeudi avec ma grand-mère (Genève n'est qu'à 50 kilomètres d'Annecy) et j'ai retrouvé ma joie de petite fille en parcourant notre itinéraire. C'est parti !
La circulation n'étant pas très facile à Genève et nos plaques 74 n'incitant guère nos amis genevois à la bienveillance (vieilles rancunes ...), nous avons laissé notre voiture en périphérie et avons emprunté le tram. Il a bien évolué depuis mon enfance mais reste un moyen de transport particulièrement agréable et efficace.
Le pélerinage a commencé comme il se doit par la rue du Marché. Si les grandes marques internationales l'ont malheureusement envahie, l'architecture elle n'a pas changé. Quelqu'un saurait-il me dire ce qu'était à l'origine ce bâtiment qui avait des airs de palais à mes yeux de petite fille ?
La rue du Marché et ses commerces de luxe, ici Caviar House
et là Davidoff,
le roi du havane.
Place du Molard j'ai vainement cherché le Grand Passage, qui s'appelle désormais Globus. Je me suis consolée en écoutant ce joueur d'orgue de barbarie. La corbeille orange abrite ... un chat ! Cliquez sur la photo et regardez bien, on voit le bout de son oreille derrière la roue gauche.
De la Place du Molard nous sommes passés à la place du Lac pour rejoindre le pont des Bergues. Belle vue sur le pont du Mont-Blanc et le fameux jet d'eau.
Une petite visite à Jean-Jacques (Ile Rousseau) et comme il faisait froid, TRES froid ...
... nous nous sommes offert un café. A mon avis, la torréfaction suisse est la meilleure que je connaisse, donnant un café tout à la fois fort en goût et sans aucune amertume. Il est toujours servi avec un petit pot de crème.
Je ne pouvais terminer ce pélerinage en enfance sans cette délicieuse gourmandise qui me fait toujours autant craquer : les vermicelles de marrons. De la purée de marrons sucrée sur une base crémeuse (chantilly ? avec quoi ? si quelqu'un a la recette ...)
Puisque je vous ai parlé d'enfance et pour faire plaisir à Tillou (c'est bien parce que c'est toi Tillou !) qui m'a taguée ici, voici le scoop de ce dimanche, yo Catherine dans les années 50 !
11 mars 2007
Lausanne
Mon fils, comme beaucoup d'hommes, répugne à parler de ses difficultés personnelles. Si bien que lorsqu'il se décide enfin c'est que l'heure est grave. Avis de tempête en cours dans mon ciel professionnel m'annonce-t'il mercredi dernier, mais ne t'inquiète pas, j'assure. Rien moins que rassurée et bien qu'étant habituellement pour le principe de non ingérence, je l'appelle vendredi soir, mine de rien, pour lui faire part de notre désir de faire un tour en Suisse le lendemain. Ça te dirait qu'on passe vous voir ? Personne n'est dupe, mais notre honneur est sauf.
Isolés en Suisse, tenus au silence dans leurs milieux professionnels respectifs, mon fils et ma belle-fille s'étaient enfermés dans une situation de crise. Tout mettre à plat ne donne pas forcément la clé du problème mais laisse au moins à chacun, en s'exprimant, la possibilité de prendre du recul. Nous avons donc parlé, parlé, et encore parlé. Et cela nous a fait du bien à tous. Il nous restait peu de temps pour une rapide promenade dans Lausanne, que j'ai envie de partager avec vous en quelques photos.
Je vous présente tout d'abord Cliff et Bob, les deux chats de la maison.
Et voici un petit aperçu des délicates attentions de ma belle-fille.
En apéritif, un kir auvergnat, champagne et liqueur de châtaigne,
et en dessert un délicieux tiramisu.
Ne suis-je pas une belle-mère gâtée ?
Notre temps étant limité, nous nous sommes contentés d'une visite dans le centre de Lausanne, en commençant par le pittoresque quartier de La Palud.
Place de la Palud, un bâtiment qui mêle style régionaliste et Art nouveau.
Gargouille de l'Hôtel de Ville (XVIIe siècle)
Statue de la Justice (XVIe siècle)
Nous montons ensuite vers la Cathédrale en empruntant les curieux escaliers couverts.
La cathédrale Notre-Dame (XIIe et XIIIe siècles) est l'un des plus beaux édifices gothiques de Suisse. Du haut de sa tour on jouit d'une vue éblouissante sur Lausanne, le Léman et les Alpes. Mais ce sera pour une autre fois.
Portail de Montfalcon et détail d'une sculpture qui m'a particulièrement séduite (agrandissez la photo. N'avez-vous pas l'impression que le singe vous regarde ?)
"Un quart d'heure après j'avais atteint la haute esplanade qui entoure l'église. Toute la ville était sous mes pieds. Les fumées se jouaient sur les toits, un rayon du soleil couchant les pénétrait et elles faisaient un admirable nuage d'or qui se déchirait aux cheminées et aux pignons comme à des îles. C'était un noble et ravissant spectacle. [...]
Quand je suis sorti de l'église, la nuit tombait, et j'ai encore pensé à vous, mon grand peintre. Lausanne est un bloc de maisons pittoresques, répandu sur deux ou trois collines, qui partent du même noeud central, et coiffé de la cathédrale comme d'une tiare. J'étais sur l'esplanade de l'église, devant le portail, et pour ainsi dire sur la tête de la ville. Je voyais le lac au-dessus des toits, les montagnes au-dessus du lac, les nuages au-dessus des montagnes, et les étoiles au-dessus des nuages."
Victor Hugo, Le Rhin (lettre au peintre Louis Boulanger - 1845)
En redescendant vers le centre, nous passons devant une brasserie artisanale où mon mari se promet de revenir déguster une bière (remarquez l'alambic sur la droite).
Clin d'oeil humoristique : une pub valaisanne dans le canton de Vaud.
Nous quittons Lausanne vers 18 heures 30 et nous avons juste le temps de saisir les derniers rayons du soleil couchant sur le Léman et les Alpes, d'une époustouflante beauté.
11 octobre 2006
The röstis wall
Lors de sa dernière visite mon fils arborait fièrement un superbe t-shirt rouge offert par sa petite femme. Jugez-en par vous-mêmes !
(la main est celle de mon adorable belle-fille qui se reconnaîtra)
Je n'ai bien sûr pas manqué de les questionner sur la signification de l'emblème qui me paraissait quelque peu hermétique.
Sachant qu'ils vivent près de Lausanne, la première partie est assez facile à deviner : la croix blanche sur fond rouge du drapeau suisse.
The wall, écrit de cette manière, ça ne vous rappelle rien ?
"We don't need no education
We dont need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teachers leave them kids alone
Hey! Teachers! Leave them kids alone!
All in all it's just another brick in the wall.
All in all you're just another brick in the wall."
Mais si, bien sûr !
Et les röstis, qu'est-ce qu'ils viennent faire dans tout cela me direz-vous ? Je vous cite ce qu'écrit Wikipédia sur le sujet :
"Le Röstigraben (littéralement fossé des röstis) est une expression utilisée en Suisse pour désigner la frontière culturelle entre la Suisse romande et la Suisse alémanique.
Cette expression symbolise plus particulièrement le clivage qu'il peut y avoir au niveau politique ou économique entre les deux régions, les Alémaniques étant majoritaires et les Romands minoritaires.
Le Röstigraben est souvent mentionné à la suite de votations, cette image étant utilisée pour qualifier des résultats sensiblement différents entre les deux parties du pays. Dans les affaires sociales et en politique étrangère, la Suisse romande est en général moins conservatrice que la Suisse alémanique. Pour les questions touchant les transports ou l'environnement, la tendance s'inverse sans toutefois être si marquée.
Le Röstigraben semble malgré tout perdre de l'importance depuis le début des années 2000 : les résultats des votations et les idées politiques et économiques tendent à s'uniformiser."
Surprenant non ?
Et voici les fameux röstis (clin d'oeil à Megan)
Une petite confidence : dans la famille de ma grand-mère Clara, originaire du canton de Vaud, on les dégustait au petit-déjeuner, avec le café ...
PS - Merci pour vos encouragements. Le bouillon de légumes, les tisanes et l'Hépax ont eu raison des mes excès du week-end !









































