Il y a des jours où l'on se réveille avec une chanson dans la tête, sans savoir pourquoi. Aujourd'hui ce fut celle-là, dont je ne connaissais pas les paroles, juste l'air, que j'ai chantonné à mon mari. C'était Rumbo de los Olimareños, un groupe de chanteurs uruguayens dont les chansons jugées subversives furent interdites par la dictature, ce qui leur valu un exil d'une dizaine d'années. Ceux qui ont assisté au concert qu'ils ont donné au stade Centenario de Montevideo, le 18 mai 1984, jour de leur retour d'exil, sous une pluie battante et devant plus de 50 000 personnes, en parlent encore avec émotion.

 

C'est un chant de révolution, de lutte, d'espoir.

 Los Olimareños 

Rumbo

Viene que se viene  y en pelo

noche la más dura mañana
viene la tormenta cercana
dando manotazós al cielo.

Voces de una tierra llamando
brotan de la noche y levantan
gritos en dormidas gargantas
rumbo a donde van retumbando.

Muchas soledades se juntan
muchas soledades a un hombre
muchas, muchas voces con nombre
abren las tinieblas y apuntan.